Qui sont les précurseurs de l’art Africain ?

En 1949, dans un petit atelier au coeur de Bamako, en face de la prison, un jeune photographe s’exerce, avec seulement une chambre photographique, quelques décors et accessoires. Seydou Keïta immortalise les visages de la haute société malienne en une seule prise, car il ne se trompe jamais. Que ce soit les hommes, les femmes, les familles ou encore les couples, tous ceux qui le souhaitent viennent se faire photographier par celui qui sera bientôt reconnu comme le père de la photographie africaine.

Ce sont dans les années 90 que l’artiste acquiert une certaines notoriété en Europe, notamment en France, où se déroule sa première exposition (en 1994) à la fondation Cartier, à Paris.

S’enchaînent ensuite les grandes expositions, les rencontres, interviews, avant sa disparition en 2001. En 2016, une exposition lui est dédiée au RMN – Grand Palais, à Paris.

“La technique de la photo est simple, mais ce qui faisait la différence, c’est que je savais trouver la bonne position, je ne me trompais jamais. Le visage à peine tourné, le regard vraiment important, l’emplacement des mains… J’étais capable d’embellir quelqu’un. A la fin, la photo était très belle. C’est à cause de ça que je dis que c’est de l’Art.”

Seydou Keïta

La galerie Eureka compte parmi ses artistes des photographes de renommée internationale tels que Joana CHOUMALI avec ses photos conceptuelles sur l’Afrique et sa diversité culturelle ou encore Claire M qui vous invite à découvrir une Afrique colorée, vivante et rieuse à travers ses photos.

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Pour changer d’art, passons à la littérature, avec Ahmadou Kourouma, Ivoirien, qui a notamment écrit Les Soleils des indépendances en 1968. Il est représentatif du courant de la critique des régimes africains, mais aussi précurseur d’une écriture moins académique dans la forme, qui rompt donc avec la “littérature d’instituteurs”.

Ahmadou Kourouma est né en Côte d’Ivoire en 1927, plus précisément à Boundiali.

Une partie de son enfance étant en Guinée, ces paysages lui ont inspiré l’écriture de son premier livre Les Soleils des indépendances. Après avoir suivi des études de mathématiques à Lyon, en France, il revient en Côte d’Ivoire en 1960 lors de l’indépendance du pays avant de partir en Algérie où il aidera à la création de la CAAR, la Caisse Algérienne d’Assurance et de Réassurance. Plus tard, il travaillera dans une banque parisienne en occupant le poste de sous-directeur d’une agence abidjanaise.

Son premier roman porte un regard très critique sur les gouvernants de l’après-décolonisation. En 1988, son deuxième roman, Monnè, outrages et défis, retrace un siècle entier d’histoire coloniale.

Ensuite, son troisième roman, En attendant le vote des bêtes sauvages, écrit en 1998, raconte l’histoire d’un chasseur de la “tribu des hommes nus” qui devient dictateur. A travers ce roman, on reconnaît facilement le parcours du chef d’Etat togolais Gnassingbé Eyadema, ainsi que diverses personnalités politiques africaines contemporaines. Ce 3ème livre obtient d’ailleurs le Prix du Livre Inter.

 

A travers ces livres (2 autres ont été écrit, dont un juste avant sa mort en 2003, publié à posthume en 2004) on peut facilement remarquer que l’écrivain était très engagé et possédait une manière de penser qui n’a pas toujours été dans le sens des politiciens de son temps.

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